falaise

Expédition Vang Vieng 2018 – Description des cavités – Tham Pha Bong

Tham Pha Bong porte le nom de la falaise qui la surplombe

Cooordonnées (Entrée n°1) : 18°54’42,8’’N 102°26’19,8’’E

Développement :  393 m + 100 m  non topogaphiés

Dénivellation : 30 m  (+25, -5)

Tham Pha Bong s’ouvre dans le massif du Pha Boua.  Ce massif isolé situé au sud-ouest de Vang Vieng s’élève au-dessus de la plaine en rive droite de la Nam Song. Il forme un rectangle irrégulier allongé d’est en ouest mesurant 4 X 1,5 km et d’une superficie de 6 km². C’est le seul secteur qui ne soit pas adossé à un amont en roche imperméable. Il est bordé au nord par un abrupt vigoureux formant une paroi verticale s’étirant sur deux kilomètres et dominant la plaine d’environ 150 mètres. La surface du massif, qui pour l’instant n’a été que très peu parcourue, est très accidentée, criblée de dépressions, de dolines, parsemée de pitons. La tectonique du massif s’organise autour d’un anticlinal d’axe nord-sud. Les strates sont horizontales au centre du massif et retombent sur les versants. D’après les cartes le point culminant du massif atteint 680 mètres, soit 450 mètres au-dessus de la plaine de la Nam Song.

La seule émergence connue du massif, la Nam Yèn, s’ouvre à l’angle nord-est. Son débit est de 200 l/s en saison sèche.

Accès

Après le pont sur la Nam Song, en rive gauche, prendre le premier chemin à gauche. Actuellement le trajet vers la grotte n’est plus balisé après la fin de l’éphémère exploitation touristique. Suivre le sentier vers les falaises du Pha Boua à travers les bois jusqu’à une prairie et franchir la rivière (Nam Ka) à gué. Le porche de l’entrée n°1 s’ouvre en face, caché par la végétation. Les deux autres entrées sont plus à droite, derrière un vaste effondrement rocheux.

Historique

Visite des trois cavités en 2013. Un panneau indiquait que Tham Pha Bong venait d’être découverte. En 2015 la jonction est effectuée entre les grottes 1 et 2 et le réseau est topographié jusqu’à une escalade ainsi que la grotte 3. En 2018 la suite de  Tham Pha Bong est explorée au-delà de l’escalade.

Description

Tham Pha Bong (grotte n°1) s’ouvre au bord de la rivière par un porche de 4 mètres de large sur 6 mètres de haut qui monte en pente raide. Au point haut la voûte est fermée par une croûte de calcite. Une ouverture soufflante a été pratiquée à travers cette crôute d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur pour l’exploitation touristique. Cette ouverture située à un mètre au-dessus du sol permet de de prendre pieds dans une galerie de taille moyenne, encombrée par les débris des échelles aujourd’hui complétement pourries. Le conduit se dirige vers le SSE en présentant un profil en montagnes russes. Quelques restes de planchers de calcite et des dépôts argilo-sableux couvrent la base des parois. Les voûtes parfois élevées portent des grandes coupoles de corrosion. La galerie aboutit dans une petite salle où un départ est visible à quelques mètres du sol.

Un passage en paroi droite (côté est) mène à un carrefour dont le fond est occupé par un puits. Une faille repart vers l’extérieur et rejoint la grotte n°2. Une autre galerie de petit calibre part de ce carrefour, et après un coude vers la gauche mène au sommet d’un ressaut. En bas de ce réseau se développe un petit réseau de galerie portant des traces d’ennoiement périodique. Un tesson de poterie y a été trouvé. Des diverticules remontants sont obstrués par des alluvions allochtones.

Topographie de Tham Pha Bong par Louis Renouard

Exploration 2018

Le puits a été descendu ; il aboutit à un lac sans issue à la côte -5. L’escalade vers le départ en hauteur dans la salle donne accès à une large galerie, rapidement barrée par un puits oblique d’une quinzaine de mètres de profondeur. Le fond de ce puits est occupé par une nappe d’eau dans une faille. De l’autre côté le courant nous d’air guide dans des conduits étroits qui remontent puis redescendent vers une salle au plafond élevé et au sol couvert de dépôts argilo-terreux.

Au nord-ouest une chatière débouche à la base d’une galerie inclinée remontante. Elle s’arrête en haut d’un puits de 11 m dont la base est occupée par un lac.

Le courant d’air provient du côté opposé de la salle, vers le sud-est. Une escalade donne accès à un passage étroit qui débouche après quelques mètres en haut d’un grand méandre. Une descente de 15 mètres permet de prendre pieds au fond de ce conduit. Un important remplissage partiellement soutiré oblige à plusieurs montées et descentes.  Le méandre se referme au bout d’une vingtaine de mètres . C’est encore le courant d’air qui guide vers la suite, par une chatière en voûte, au prix d’un escalade de 15 mètres. Ce passage débouche sur un réseau supérieur, qui se divise en deux branches et est recoupé par de profondes failles. Les racines, les coquilles d’escargots, les racines et l’air chaud témoignent de la proximité de la surface. L’exploration de se réseau n’est pas achevée.

Cette grotte est un labyrinthe en trois dimensions dont les volumes restent relativement modestes ; configuration bien différente de celle des grandes percées hydrologiques. La partie topographiée se développe sur une amplitude verticale de 30  mètres. La direction principale est nord-ouest sud-est. Les points bas, à -5 m (les deux puits et la faille) sont occupés par des plans d’eau situés au même niveau et qui sont sans doute des regards sur la nappe du karst noyé. Ce niveau est légèrement plus bas que le lit de la rivière Na Ka qui passe devant la grotte.

Le niveau +12 m est marqué par un élargissement des conduits qui doit correspondre à un ancien niveau de base ; il est représenté en haut du grand méandre du fond et dans la galerie au sommet de la première escalade. Ce niveau est le seul à présenter un concrétionnement.

Les marques pariétales (coupoles) et l’architecture des conduits montrent que le creusement s’est principalement effectué en régime noyé. Cependant les galeries d’entrée ont fonctionné en perte de la Nam Ka, comme l’indiquent lesens des vagues d’érosion sur les parois.  Le sol de la galerie de la chatière est recreusé par un ruissellement, trace d’un épisode d’écoulement vadose. La grotte a connu plusieurs phases de fonctionnement au cours des fluctuations du niveau de base. Elle a connue une histoire longue et complexe, comme la plupart des cavités de Vang Vieng.

L’angle nord-est du Pha Boua comporte une dizaine d’anciennes pertes concentrées sur une courte distance. Toutes sont rapidement obstruées par le remplissage à l’exception Tham Pha Bong. Toutes ces pertes ont une orientation subméridienne ou sud-est. Elles ont probablenent fait partie du bassin d’alinentation de la résurgence de la Nam Yèn située à quelques centaines de mètres plus au sud, même si l’exploration n’a pas permis d’établir une liaison. Le remplissage est principalement constitué d’argile et de petits cailloux allochtones ; le Pha Boua étant  isolé au milieu de la plaine ses cavités n’ont pas reçu les apports massifs de galets et blocs roulés qui obstruent les grottes des autres secteurs

Perspectives

L’exploration de l’étage supérieur n’a pas été finie faute de temps ; les lacs aux fonds des puits seraient un objectif pour une expédition de plongée.


La 19eme expédition spéléologique à Vang Vieng (Laos) depuis 1998 s’est déroulée du 14 au 29 mars 2018.

Lire la suite: Expédition Vang Vieng 2018 – Description des cavités – Réseau du Houey Yè (Tha Houey Yè)

Auteur de l’article : Spéléo-Club Paris

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